KATA a eu le plaisir d’interviewer Véronique St-Onge en vue de la sortie de son nouveau roman, co-écrit avec sa fille Naëllie Boudreault, Les Xorois : au secours de la Terre. Le roman met en lumière la thématique écologique de l’heure : les changements climatiques.
Luca : Bonjour Véronique, avec ta fille Naëllie Boudreault, tu as écrit un livre à la fois captivant et très éclairant pour ceux qui sont un peu perdus dans toute cette histoire de changements climatiques. Quel serait le message que tu aimerais envoyer aux gens sur le sujet ?
Véronique : C’est de prendre ça au sérieux parce que c’est une réalité inévitable qu’on vit déjà maintenant en 2021 et on sait que le phénomène va s’accentuer dans le futur. Notre volonté derrière le livre, c’est de donner aux jeunes l’envie de s’impliquer dans la lutte contre les changements climatiques et de croire qu’ils ont le pouvoir de changer la situation, qu’ils ne sont pas face à une fatalité, qu’ils ne sont pas impuissants et qu’ils doivent y travailler pour que la situation change.
Luca : Le contexte de l’histoire est un monde futuriste dévasté où la population a chuté à 3 milliards d’habitants à cause des conséquences des changements climatiques. Selon toi, quels seront les effets les plus dévastateurs des changements climatiques dans les prochaines décennies ?
Véronique : Ce sont les catastrophes naturelles et les grandes variations climatiques que les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) ont identifiées : plus de sécheresse, davantage de fortes pluies moins bien réparties tout au long de la saison de croissance des plantes, plus d’événements intenses qui vont rendre difficile la production agricole et alimentaire, leur transport et leur distribution. Je pense que ce seront les plus grands enjeux auxquels il faudra s’adapter le plus rapidement possible si on veut survivre à cette situation.
Luca : Et ce sont des changements qui s’en viennent, même si on arrête aujourd’hui toute activité polluante, il y aura tout de même de graves conséquences…
Véronique : Oui ça, on le sait, avec tout ce qu’on a déjà émis dans l’atmosphère, on va subir des changements importants, d’où l’objectif de réduire l’augmentation de température à 1,5 degré Celsius. C’est la cible qu’on vise pour réduire l’intensité, mais à l’heure actuelle, on va en subir les conséquences même si demain matin, on émettait zéro GES (gaz à effet de serre). Donc, il faut s’adapter.
Luca : Les scientifiques du GIEC tirent la sonnette d’alarme depuis des décennies, les politiciens et les PDG des multinationales font toujours des gestes timides, mais font encore la sourde oreille à la crise climatique. Comment fait-on pour ne pas être fataliste ?
Véronique : Les solutions sont là, on les connaît, on sait ce qu’il faut faire, on sait que ça va prendre de la volonté politique pour le faire, mais en même temps, il faut que nous tous, chacun et chacune on prenne conscience qu’on a un rôle à jouer là-dedans. Là, on est encore en train de s’obstiner à Québec sur la pertinence d’un troisième lien et sur l’ajout de transport en commun, alors que ça devrait être une évidence : si on augmente notre réseau routier, il faut que ce soit pour du transport collectif, il faut qu’on réduise nos émissions individuelles sur le plan du transport. Il faut qu’on réduise les gaz à effet de serre de tous les secteurs.
On peut tous le faire par nos choix de consommation, on peut tous le faire par nos choix de vie, on peut encourager des entreprises qui le font, mais très peu le font encore, très peu prennent conscience de leur pouvoir individuel dans leurs choix de consommation, dans l’endroit où ils vont habiter, est-ce qu’ils vont habiter proches des services, proches des écoles, proches de leur travail ou est-ce qu’ils vont habiter plus loin ?
Ce sont des choix qu’on fait tous au quotidien pis pour lesquels on n’est pas conscients de tout l’impact que ça a sur les changements climatiques. Moi, je crois que l’optimisme, c’est de prendre conscience de tout ça et de le montrer aux jeunes, de l’expliquer aux jeunes et eux, comme futurs adultes, ils peuvent prendre de meilleures décisions par rapport à ce qu’on a fait jusqu’à maintenant et avoir un réel impact sur le climat.
Luca : C’est très bien dit. Dans le livre, les Xorois sont une race extra-terrienne qui vient en aide aux humains afin de guérir une terre meurtrie. Dans ton cheminement personnel, tu as acheté une terre agricole à Beauceville, est-ce que ta démarche est celle de guérir la terre ?
Véronique (RIRES) : Bin… oui ! C’est un peu ça. Par notre projet agricole, par les semences biologiques et selon les principes de la permaculture que j’étudie, on veut davantage imiter la nature et démontrer que c’est possible afin que plus tard, ça puisse devenir un site pédagogique pour enseigner comment faire pousser les fruits de la manière la plus naturelle possible, en harmonie avec la nature, et dépendre moins de l’importation pour se nourrir et des carburants fossiles. Donc, oui, ça fait partie de cet objectif de guérir la terre.
Luca : Le livre Les Xorois a été écrit en collaboration avec ta fille Naëllie (avec qui d’ailleurs nous avons discuté également), pourquoi ? Pourquoi faire un projet de roman avec ta fille ?
Véronique : Pour le fun, pour le plaisir, pour le fun de la voir s’impliquer là-dedans, parce qu’elle adore la littérature, elle a beaucoup d’imagination, je voulais l’initier un peu à ça. Sa professeure de première année m’a dit qu’elle pouvait être romancière, et je me suis dit : « Pourquoi pas ? »